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danse par-delà les ombres • pv zephyr-lunaire

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Marche parmi les songes

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MessageSujet: danse par-delà les ombres • pv zephyr-lunaire   Mar 10 Avr - 0:48

 
[RP libre]

« Non. »

Prévisible syllabe qui claque dans l’air comme une énième gifle. Tant reçue qu’elle ne ferait presque plus mal. Mais la voilà qui touille encore l’estomac de la vipérine et irrite d’autant plus celui qui l’occupe. Les ongles mal limés se plantent dans les paumes écailleuses. Un sourire poli pince les lèvres de l’adolescente, qui se contente d’un hochement de tête.

« Je puis me contenter d'un rien…
, glisse-t-elle, un petit accent sifflant au bout de la langue.
— Navrée, jeune étrangère. Je n’ai rien qui pourrait vous convenir, rejette la voix doucereuse et lasse de l’immense tenancière qui se tient devant elle.
— Soit. Que la nuit vous soit charitable. », abdique-t-elle.

À pas feutrés, sa vipère enroulée autour de son cou et de ses hanches, Shashem s’éloigne, les yeux fixés vers la porte qui se ferme. Pour la quatrième ou la cinquième fois, rien que ce soir. Jamais Onde-Nuit n’a ressenti autant de fatigue – cette sensation lui a toujours été étrangère. Il n’aurait jamais pressenti une telle brutalité. Chaque muscle de son corps agile se tend, chaque nerf gémit à chaque pas. Écartelé par des mains invisibles – celles-là même qui lui ferment des portes. Ses pieds parsemés de petites écailles le brûlent. Mais le pire réside sans doute dans cette apathie qui le gangrène de plus en plus. Ses prunelles rouges et vives ne s’attardent même plus sur cette cité qu’il ne reconnaît plus. Ses bras se croisent en étreinte factice sur sa poitrine. Un jour qu’il s’est éveillé, et le djinn s’épuise déjà. Mais d’abord, il se doit de mettre son enveloppe à l’abri.

« Résiste encore un peu, je te prie… », murmure-t-il, se heurtant de nouveau à une Shashem muette – absente.

Elle avance, et bientôt ses pas mènent sa silhouette menue devant les marches du Temple. Sa main rabat ses cheveux emmêlés derrière ses oreilles, tandis qu’elle reste bouche-bée devant le sanctuaire du Dieu Rugissant. Son cœur se serre. A-t-elle seulement le droit d’y entrer ? Onde-Nuit a bien compris que même ses sourires discrets ne lui ouvriront pas davantage de portes.  Dans un souffle, elle tente d’éloigner ses doutes. Dans ses lointains souvenirs, les prêtres se montraient charitables avec quiconque entrait dans leur demeure. Et puis, quelque chose semble la pousser à entrer. Ou quelqu’un.

Shashem entre, une main nerveuse posée sur le corps sinueux de Lyzis. Une présence rassurante dans le majestueux édifice. Quelque part, Onde-Nuit s’en réjouit un peu. Le culte de Shaaz n’est pas mort ; il semble même s’être fortifié avec les âges. Le temple est superbe, entretenu, toujours vivant.

Et soudain, les yeux rouges se figent.
Ils ne peuvent quitter la silhouette élancée, là-bas. Elle s’approche. Aucun doute : son aura spirituelle est bien là. C’est un djinn, et Onde-Nuit croit le reconnaître. Après tant d’années… Il assourdit tant bien que mal l’euphorie qui éclot en lui. La draconienne vient s’appuyer contre une colonne, les bras croisés, ses ongles grattant la peau de nervosité. Et continue de lancer des œillades insistantes au danseur – comme si ses prunelles n’étaient pas assez perçantes.


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MessageSujet: Re: danse par-delà les ombres • pv zephyr-lunaire   Mar 1 Mai - 16:06

 
Le chant de l’oiseau de nuit n’était plus parvenu à tes oreilles et c’est avec une certaine surprise que tu avais ouvert les yeux, sortie de ton monde astrale, sortie de ta cage où tu devenais purement et simplement folle, où tes souvenirs petit à petit avaient disparus. En ouvrant les yeux tu ne t’attendais à rien seulement à retrouver ton espace de ciel. Mais ce ne fut pas le cas, tu fis face à un plafond, un plafond de couleur marron, une couleur chaude qui te rappelait les dunes de sables une fois la nuit tombée. Tu étais allongée sur une étendue confortablement, comme une sorte de nuages agréable.

Seulement tu avais rapidement déchanté en te découvrant enfin en découvrant, plutôt en réalisant dans qu’elle nouvelle cage tu te trouvais, cage infâme, détestable sans parler des désagréments qui allait avec, les humains n’étaient définitivement que sales créatures faibles et avec des besoins primitifs. Pas des êtres de sagesse nulle doute là-dessus. Si au moins tu avais pu avoir le corps d’une femme…mais non tu te retrouvais par-dessus le marché enfermé, coincé dans le corps d’un de ses mâles. A l’égale de ce monstre qui vous avaient asservi, vous les Djinns, vous les êtres libres.

Libre. Voilà ce que tu n’étais plus.

Tu avais vite compris néanmoins quelle fin t’attendrait si on découvrait ce que tu étais, que tu avais pris la place de ce gosse. Un danseur, aimé et chérit loin des horreurs des autres humains, mais aussi gardien à l’égale de son grand père d’un temple. Ils appelaient cela des prêtres. Ton enveloppe avait un nom « Hani Kehal », et à force de côtoyer ses proches tu avouais parfois que tu t’en voulais un peu d’avoir détruit l’âme de ce jeune.

Tu ne quittais plus le bijou à la cheville très ancien qui avait été ta prison, tu avais grogné d’avoir vu dans quelle breloque ils t’avaient mise, outrée puis au final tu avais fini par t’apaiser, peut-être parce que le grand-père d’Hani t’apprenait plein de chose et ne semblait pas se douter de quoi ce soit, et grâce à lui tu reconsidérais l’idée que tous les humains furent mauvais. Mais tu n’oubliais pas ta volonté de tous les détruire.

Tu avais vite appris le quotidien d’Hani en plus des traditions, passant des nuits à lire, ton besoin de connaissance ayant été un bon point fort là-dedans. De tes pouvoirs il ne restait rien hormis cet instinct face aux mensonges. Et les humains mentaient, ils mentaient sans jamais s’arrêter. Et cela t’en rendait malade, seul le grand-père d’Hani te semblait honnête, du moins il croyait ce qu’il disait. Et ne mentait que dans des situations que tu jugeais juste.

Tu dansais ce matin-là, comme bien souvent, laissant le corps d’Hani guider le tout, tu n’avais jamais su danser mais lui oui, et son corps en avait un souvenir parfait, tu trouvais cela agréable, cela te détendait presque plus que de lire, telle une brise ondulante entre les arbres, tel le Zéphyr se perdant dans les collines du désert.

Impossible néanmoins de rater le regard perçant posé sur toi. Tu finis la danse pour ne pas attirer l’attention, te stoppant naturellement avant de venir vers elle. Oui elle, et tu sentais que ce ne fut pas qu’une humaine, un Djinn était à l’intérieur. Tu n’étais donc pas la seule à te retrouver dans cette galère, cette nouvelle prison de chair.

Tu sais qu’avec un physique pareil, elle doit être mal vue.

« Quelle jolie vipère que vous avez là. Notre temple est ouvert à toutes les âmes égarées, puis-je vous aider ? »

Tu tends ta main vers elle, tu savais qu’Hani aurait agit de la sorte déjà par curiosité mais aussi par bienveillance, alors personne ne trouverait cela troublant. Tu l’invite à entrer dans le temple avant de lui proposer un peu d’eau. Vous ne pouvez pas parler librement ici car les fidèles se baladent autant que les prêtres, sans parler du grand-père d’Hani.

« Est-ce que je peux vous proposer quelque chose à manger ? Vous me semblez bien épuisé. »

La fatigue quelque chose que vous n’aviez jamais connu, tu te demandais si ce Djinn fut coincé depuis longtemps.


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MessageSujet: Re: danse par-delà les ombres • pv zephyr-lunaire   Jeu 3 Mai - 23:49

 
Les lèvres pincées, Shashem ne quitte plus des yeux celui qui s’ébat non loin. C’est un corps gracieux mais solide, tout en drapés et en cliquetis. La serpentine est hypnotisée – ironie – par la gracile précision du danseur. Il ne lui semble pas avoir jamais vu de tels entrechats. Un léger sourire étire les lèvres gercées de l’adolescente. Bienheureux est le Lion, pour qui cette silhouette agile tous les jours déploie son talent. On dirait qu’il flotte, ce jeune homme – et Onde-Nuit croit y reconnaître la nature de son djinn. Lui aussi a cette impression de s’évaporer. Il en oublierait presque la douleur de ses pieds malmenés, la sécheresse de sa gorge ou la faim qui le tenaille. La draconienne demeure ainsi, immobile, toute blottie contre la colonne de grès. Son seul pilier, tant ses jambes semblent ne plus vouloir la porter.

Bientôt, le danseur s’approche. Se fend d’un compliment pour Lyzis, avant de proposer son aide. Un soupir de soulagement soulève la poitrine de Shashem. Elle hoche la tête, son regard vermeil baigné de reconnaissance. Onde-Nuit n’aurait jamais cru voir une main tendue – même par l’un des siens. Après tout, il ne sait si la générosité des prêtres s’applique aussi à lui. Si son comparse ne fait pas une grave erreur de protocole en invitant une étrangère à le suivre. Mais si leur entrevue doit être courte, le Merid compte bien en profiter – sans trop savoir encore comment.

Les yeux dardant le dos presque nu du danseur, Shashem avance avec prudence. Ses pas se font furtifs, discrets. Elle ne veut pas déranger. La jeune femme ne veut plus qu’on la regarde, recherche l’indifférence autant qu’à se remplir l’estomac. Elle se rétracte : ses bras se ferment autour d’elle comme un cocon protecteur. Le monde est terrible, le monde est hypocrite, le monde lui en veut. Lyzis s’enroule d’autant plus autour de celle qui n’est plus vraiment sa compagne. Shashem s’empare du petit bol en terre cuite pour cueillir entre ses lèvres le liquide tant attendu. Onde-Nuit n’aurait jamais cru être si heureux de renouer ainsi avec son élément. De l’eau pure. Fraîche. Sa gorge irritée bientôt s’apaise. Et quelque chose lui dit qu’il aurait dû s’emparer de l’ondée plus tôt. Il se souvient d’ô combien il s’est moqué, autrefois, de ces hommes qui tueraient pour un peu d’eau ; il commence désormais à les comprendre – un peu. Un sifflement :

« Merssssci. »

Il doit encore s’habituer à ce petit sifflement qui survient parfois, au hasard des mots. Cela l’a surpris, la première fois. Voilà longtemps qu’il n’a pas entendu cet accent, vestige de ce lointain passé où ses porteurs ont été décimés. Pas tous, visiblement.

Une fois de plus, le danseur lui offre sa générosité. Un gargouillement rauque lui répond avant même que Shashem puisse ouvrir la bouche. Elle rougit, pinçant à nouveau les lèvres.

« Oui, ce serait très aimable de votre part. Par ailleurs, auriez-vous connaissance d’un endroit calme où dormir… ? Je crains que le reste de cette belle sscité soit moins charitable que vous. », sourit-elle.

La serpentine se penche un peu vers lui, ajoutant dans un murmure :

« Et si nous pouvions discuter de… tout ceci… Au calme. Je pense que cela nous servirait bien, tous les deux. »

Sa main parsemée de petites écailles vient presser le bras du jeune homme. Son regard se fait plus perçant encore. Onde-Nuit n’a qu’une idée en tête : ils doivent parler. Maintenant. Il ne peut laisser pareille occasion de comprendre, même un peu, ce qu’il s’est passé.


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